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Émile Misk, né le 1er Août 1888, a obtenu
son diplôme de pharmacien de Première classe le 5 février 1912 à
Beyrouth. La transcription en Français de ce diplôme indique
Beyrouth, Syrie. C’est parce qu’elle a été faite alors que le Grand
Liban était un État autonome de la Syrie, sous mandat Français de la
Société des Nations entre 1920 et 1926. Après avoir déménagé en
France, Émile obtient son diplôme de Docteur en Pharmacie auprès de
la faculté de Nancy en 1922. C’est pour réaliser sa thèse sur le
charbon (Anthrax) qu’il a fait l’acquisition de ce microscope Zeiss.
La thèse était probablement illustrée de photos car le microscope
contient des options pour la prise de vues. Il s’installera en 1925
dans une pharmacie rue Lecourbe mais retournera en Syrie en 1928.
Finalement, il revient en France en 1931 pour s’installer dans la
pharmacie de la rue Davy, à Paris.
Le microscope a été utilisé par Claude
lorsqu’il a pris la succession de son père. En marge des travaux à
l’officine, ce microscope a toujours été un objet fascinant pour les
enfants et petits-enfants qui découvraient l’infiniment petit.
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L’achat d’un microscope de ce type était
assurément à l’époque un investissement conséquent. La gamme des microscopes Zeiss
en 1913 comprenait trois familles : les grands (modèles I, Is et III), les
moyens (modèles IV) et les petits (modèles V et IX). Hormis la
taille et les accessoires, la grande différence résidait dans la
précision du réglage micrométrique. Le dispositif était sans
graduation pour les petits, gradué pour les moyens et ultra précis
pour les grands.
Celui-ci est un modèle IIIB à tube optique
fin, équipé pour la prise de vue photographique. Il était livré dans
un coffret en acajou contenant tous les accessoires. Le socle est
en laiton laqué noir, très lourd pour assurer la stabilité.
Le microscope est équipé d'une platine révolver à 4 objectifs. Les lentilles sont des « triplets
apochromatiques » d’après les travaux du Professeur Ernst Abbe,
directeur des laboratoires optique Zeiss à partir de 1866, physicien
à l’université de Iéna et directeur de l’observatoire de Iéna. Ces
lentilles permettent de corriger les aberrations sphériques et
chromatiques inévitables avec les lentilles simples. Le catalogue
assure leur stabilité même en milieu tropical… Les oculaires à
compensation complètent la correction chromatique.
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La mise au point grossière est effectuée
avec la molette de potence qui agit sur la crémaillère du tube
optique.
La mise au point fine se fait via un
dispositif de Berger ultra démultiplié. La molette micrométrique
commande une vis sans fin qui actionne un engrenage agissant
lui-même sur une autre vis sans fin. Au final, un tour de molette
donne un déplacement du tube de 0,04 mm, chaque graduation
correspondant à un déplacement de 0,002 mm. Comme je ne connaissais
pas ce dispositif et qu’aucun mouvement n’était visible à l’œil nu
en tournant la molette, j’ai cru qu’il était cassé … d’où démontage
complet. J’ai alors pu apprécier la subtilité du mécanisme …
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Claude m’a transmis le microscpoe en Mars 2016,
sachant que j’étais attiré
par ce noble instrument depuis des années. Il est complet, avec tous ses accessoires. Le coffret portait les stigmates d’une
rude vie professionnelle et le microscope ceux d’une longue période
d’inactivité, laissant champ libre à l’oxydation.
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Le coffret a été démonté, décapé, poncé
et reverni avec 2 couches de satiné. Ainsi, il conserve une patine
en accord avec l’état d’usage du microscope.
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Les pièces en laiton ont été nettoyées et
lustrées en veillant à rendre du brillant aux parties brutes sans
décaper les parties peintes. Le démontage du microscope est simple.
Apanage d’un appareil de grande précision, les pièces sont usinées
avec une tolérance minimum et s’assemblent sans jeu.
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